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Le tiroir

Ces derniers temps, vous êtes particulièrement sensible à la notion de tolérance ou plus exactement à son contraire. Au départ, vos sujets d’étude étaient essentiellement vos parents et beaux-parents, avec un focus particulier sur les spécimen de sexe masculin. De votre père qui, en vieillissant devient de plus en plus misanthrope (les cons plus que jamais peuplent la terre au point que l’adjectif vaut désormais pour l’être humain) à votre beau-père qui s’arc boute sur des dysfonctionnements d’importance : « QUI a ouvert le tiroir et ne l’a pas refermé ? ». L’un et l’autre étant des personnages, votre étude est restée relativement superficielle se bornant à imaginer des mash up de dialogues, relativement poussés, du genre « quel est le Con qui n’a pas refermé le tiroir ? »

Mais dernièrement, vous avez pu constater que, corollairement à vos premières rides, l’intolérance vous guettait également. En général et au sein de votre propre foyer. Vous vous êtes surprise à devenir très critique sur un mode assez proche de la génération du dessus. Le premier constat qui s’est imposé est que le « Qui ? » est finalement une formule de politesse. Dans le sens où quand vous dîtes « Qui a joué à la console jusqu’à 2 heures du mat et a laissé trainer ses chaussettes ? » vous connaissez évidemment la réponse puisque Loulou et Louloute dorment généralement à une heure aussi avancée et ne chaussent pas du 40. Le mode interrogatif n’étant finalement qu’un moyen d’éviter l’attaque frontale.

Attaque frontale, qui après 5 ans de mariage, devient beaucoup plus fréquente. Et il faut bien avouer que les clichés vous guettent, le premier d’entre tous étant la tendance à considérer que le problème du tiroir vient forcément de l’Autre et que vous êtes aussi blanche qu’une colombe passée à la craie. Ne pas reconnaitre vos torts est devenu votre sport national sachant que, dans le même temps, vous excellez dans le passage de Darling au détecteur de défauts. En même temps, soyons clairs, vous êtes quasi parfaite, le « quasi » étant justifié par des broutilles comme ne jamais ouvrir l’opercule des bouteilles de lait en entier tout en sachant que Darling s’énervera que le morceau d’aluminium empêche de revisser le bouchon. Et que vous recommencerez certainement la fois d’après puisque vous êtes presque aussi têtue que de mauvaise foi.

Pour autant, vous savez que si les gens s’épousent pour un ou deux détails, ils se séparent à peu près pour les mêmes raisons. C’est-à-dire globalement aucune, à part ces petits rien qui deviennent facilement des petits tout, des tiroirs remplis d’opercules d’aluminium. Après l’euphorie des mariages, l’hystérie des naissances, les gens autour de vous se séparent beaucoup ces derniers temps. Rien à voir avec vous si ce n’est le miroir qu’ils renvoient, un miroir par définition réfléchissant et, qu’on le veuille ou non, qui oblige à réfléchir. En l’occurrence à réfléchir au fait qu’il y a une certaine malhonnêteté intellectuelle à scruter l’Autre dans ce qu’il peut avoir d’agaçant si vous n’avez pas, au préalable, fait l’état des lieux complet de ce qui vous rend horripilante.

C’est ce à quoi vous vous êtes attachée dans le cadre de votre étude sur l’intolérance et force est de constater que ce n’est pas un appartement que vous avez mais un palace tant le détecteur de défauts finalement appliqué à vous-même ne cesse de bipper. Au point que, pour échapper à ce bruit désagréable, vous ne rêvez plus que d’une chose : vous pelotonner dans un tiroir avec Darling, ses chaussettes et vos bouteilles de lait. Sachant que, finalement, vous vous contrefoutez de savoir s’il est ouvert ou fermé, ce putain de tiroir. Ce qui compte c’est que vous y êtes drôlement bien. En fait.

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La chaussure verte

Si vous avez récemment compris quelque chose, c’est que votre mère devait savoir depuis votre âge le plus tendre que vous vous allongeriez plus tard sur un divan quelconque, pas pour y taper un somme mais pour endormir le psy avec des histoires d’enfance, somme toute plutôt heureuse.

Pour autant votre mère n’a rien d’un oracle. C’est juste qu’il y a un moment où, en tant que mère, on se dit, sans même avoir eu besoin d’étudier à Poudlard, que les choses ont peut-être ripé. Et c’est ce que vous vous êtes dit dernièrement concernant Loulou.

Avant de rentrer dans les détails des mésaventures de votre aîné, vous tenez à faire une apostrophe: "eh toi, éventuel lecteur agent de la DDASS, si tu vas plus loin dans ce post, reste cool, ne t’énerve pas les poils des jambes !" (désolée, vous écrivez ce billet de Montréal et il se peut donc que cela transparaisse dans certaines expressions).

Donc tout commence le soir de votre anniversaire. Vous avez 34 ans et c’est formidable puisque vous pensiez en avoir 35 et avez donc gagné un an, tout en en prenant un, même si votre mère – la fameuse – vous dirait que çà se discute puisque vous avez certes 34 ans mais que vous rentrez dans votre 35ème année (réinterprétation : il est peut-être temps de s’inscrire au Power Plate).

Darling a organisé une soirée vraiment surprise – celle là vous ne l’aviez pas vue venir – jusqu’à ce que votre belle sœur vous dise une semaine avant "alors, t’es contente pour ta soirée de samedi prochain où il y aura tous tes amis même ceux que tu n’as pas vus depuis des lustres, même pas trop tard puisque les gens seront là vers 19h30 ?".

Vous êtes donc ravie. Jusqu’au drame. Loulou et Louloute n’arrivent pas à dormir. Trop de musique et puis c’est la fête. Ils rappliquent dans le salon et se jettent dans vos bras. Ou presque puisque Loulou, lui, se jette sur votre cigarette. On sent l’odeur du cochon brûlé. Vous vous momifiez et Loulou se met à vibrer tout seul autant que 10 machines Power Plate réunies.

Démomifiée par ses hurlements, vous saisissez votre petit bonhomme et révisez en accéléré vos 12 ans d’études de médecine non faites. Saisie d’une illumination, vous faites un stop à la cuisine, attrapez la bouteille de vinaigre et en appliquez une bonne dose sur la brûlure de Babichou. Lequel vous regarde avec toute l’incompréhension du monde et se met à hurler de façon beaucoup plus efficace que tout ce que Rick O’Connell aurait pu inventer pour réveiller ses Momies 1, 2 et 3. Et pourtant vous avez pris du vinaigre de framboise pour que ça ne sente pas trop mauvais. Vous êtes atterrée, horrifiée, coupable. Après un tartinage généreux en Biafine, un milliard de bisous à Loulouchou, vous finissez de noyer votre honte, telle Sue Ellen, dans l’alcool et allumez une cigarette. Tabarnaque !

Quelques semaines plus tard, c’est Loulou qui se tape un an de plus. Lui, il est content parce que dit-il, il est devenu fort comme Spiderman. Sauf que Spiderman n’embaume pas le vinaigre mais ca vous ne lui dites pas. Comme vous voulez être une maman exemplaire, vous programmez 4 fêtes: entre nous, avec les grands parents, gouter d’enfants à  la maison, fête à l’école.Vous réussissez les 3 premières avec brio mais ce dernier vous lâche à la 4ème. Vous zappez la date et vous rendez compte la veille à 23 heures de votre oubli. Prenant à peine votre manteau, vous courrez à l’épicerie du coin afin d’acheter in extremis de quoi se sucrer le bec: bonbons, quatre-quart industriel, jus d’orange etc…

Ouf, Michelle, sa Cerbère d’institutrice ne pourra pas vous lancer de regard courroucé parce que vous êtes venue sans gouter d’anniversaire pour un goûter d’anniversaire. Sauf que le gâteau n’a jamais été distribué et que votre descendance a soufflé ses bougies sur des bonbons Krema. Le quatre-quart industriel (qui aurait dû être fait maison), était périmé depuis la veille, vous a expliqué la Michelle avec beaucoup de mépris et en chuchotant pour ne pas que Loulou l’entende. A lui elle avait expliqué que comme le gâteau était trop long, elle ne pouvait pas le découper. C’est un peu prendre Spiderman pour un niaiseux, mais vous n’étiez pas en position de faire la taiseuse. Même si la Michelle se pète un peu les bretelles, vous avez encore été très forte sur ce coup là. Et le pire du pire, c’est que vous l’aviez vue la date, quelques minutes avant l’école, mais que vous avez pensé qu’un gâteau périmé c’était quand même mieux que rien. Ce qui globalement, si on pense aux Favelas,est complètement défendable.

Les semaines passent et votre voyage au Canada approche. Darling et tous vos amis (venus par surprise) vous on offert un aller et retour pour Montréal et par la même occasion un séjour entre girls. Vous vous asseyez dans l’avion et passez un coup de fil au père de vos enfants pour qu’il vous assure que la visite de Loulou chez le pédiatre s’est bien passée et que concernant son doigt enflé, l’affaire est ketchup. Au moment où les portes de l’avion se ferment, Darling vous annonce que Petit Brûlé doit aller à l’hôpital subir une anesthésie générale pour lui nettoyer son ongle incarné. Qu’il passera donc la nuit à l’hôpital. Qu’il fera tout ça sans que sa Maman ne soit là. Et que Monsieur Gâteau Périmé sera le seul dans ce cas là de tout l’hôpital puisque tous les autres enfants ont leur Maman, eux.

Le voyage dure 6 heures. Vous pleurez environ pendant les trois quart du vol. Vous n’avez jamais eu si peu peur en avion et ça n’a rien a voir avec le Lexomil. Vous vous dîtes qu’il y aura peut-être un crash spécial Eradiquation des Mères Indignes et que ce sera tant mieux pour tout le monde. Et ça vous refait pleurer. Votre mascara coule. Et vous vous dites qu’en plus d’avoir une Maman nullissime, Loulou aura désormais aussi une Maman moche. Et ça vous refait pleurer.

Après quelques heures de ce jeu là, vous finissez par vous calmer et vous terminez le voyage en regardant le dessin que Babichou vous a donné avant de partir : c’est un dessin de vous. Vous y êtes toute verte et avez un seul pied avec une très grande chaussure. Vous en concluez que vous n’êtes peut-être pas parfaite aux yeux de votre fils mais que, au moins, il s’imagine que vous courez vite. Et peut-être que, si on est la Maman de Spiderman, les super pouvoirs, c’est finalement plus important que tout.

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La confusion

(Post de cet été, posté avec 6 mois de retard. Rapport à la confusion.)

On va dire que la période est confuse. A tous points de vue. Ou presque.
L’approche de septembre vous a toujours rendue entre chien et loup, du moins est-ce la façon la plus claire que vous ayez trouvée pour qualifier cet état bizarre que l’idée de "rentrée" a toujours généré en vous. Un peu d’angoisse, beaucoup de questions existentielles et autres billevesées. Une sorte d’état hybride plutôt inconfortable mais certainement nécessaire. Un peu comme un lavement avant de s’empiffrer, l’hiver.

On le voit, vous n’avez pas la tête au romantisme. Et autant dire que cela vous est reproché. Mais en toutes choses vous avez toujours été excessive. Et du coup vous ne savez pas aller "un peu mal". Avec vous c’est tout de suite Katrina (au minimum) et autant dire que cela vous est reproché (bis). Bref, on peut dire que les reproches ont été la chose la moins floue de ces vacances. Car pour le reste, Dame Confusion, à défaut de Confucius, à été votre Maître à penser.

Tout d’abord, Darling a attrapé une maladie curieuse qui l’a terrassé et que aucun médecin n’a pu identifier puisque la médecine, chacun le sait, n’est pas une science exacte. 8 kilos en moins plus tard votre cher et tendre est toujours dans le flou quant à son mal. Adepte de la méthode Coué, vous positivez en vous disant que vous n’allez pas avoir besoin de vous creuser la tête pour lui trouver son cadeau d’anniversaire: une ceinture fera l’affaire pour tenir son falzar désormais hagard.

Ensuite, force est de constater que vous avez été prise de dyslexie animalière. Une pathologie non encore répertoriée par le corps médical mais qui contrairement à celle de Darling ne vous a pas rendue plus svelte (tant mieux, car votre anniversaire n’est que dans 6 mois). Successivement, vous vous ête ébahie devant un âne, imitant avec beaucoup de conviction pour Louloute le bruit caractéristique de cet animal, qui s’est avéré être un poney.
A peine quelques jours plus tard, vous êtes devenue hystérique au Cirque au moment de l’arrivée d’un éléphanteau qui, à la lumière, s’est révélé être un superbe tigre blanc. WAOOOOOOOOUH, Doudouche (oui, vous donnez souvent des noms ridicules à vos enfants), regaaaaaaaaaaaaaaaaaaaarde comme il a de graaaaaaaandes oreilles! La Doudouche en question de vous toiser avec ses billes noisette, limite traumatisée par l’analphabétisme faunier (pour "relatif à la faune") de sa mère et cherchant désespérement les graaaaaaandes oreilles du fauve. Au point de rester muette quand on lui a demandé ensuite si c’était bien, le Cirque.

Pour continuer dans la série "tout est confus, je perds mes repères", votre fils vous a pris de court en matière de sexualité. Agé de 3 ans, vous pensiez avoir le temps avant de constater que quoi que ce soit puisse le mettre en émoi, sexuellement parlant j’entends. Avec ses bouclettes et sa gueule d’ange, Loulou était jusque là le prototype du fils idéal, malgré quelques défauts certains comme son coté tête de noeud sponsorisé de surcroît par Duracel. Mais il vous semblait normal. Jusqu’à cet après midi où il vous a particulièrement inquiétée: vous n’aviez en effet jamais imaginé que l’on puisse bander sous l’effet d’un épisode de Barbapapa. Aussi étonnée que si vous aviez vu Bernadette Soubirous rentrer dans la pièce, vous vous êtes figée, les yeux rivés sur sa mini bite, mini dressée, avec en toile de fond la délicieuse chanson "Voici venir les Barbapapas, lala lala" et Loulou de crier "Maman, Maman, j’ai mon zizi tout droit!". D’un bond levée, vous avez accouru, armée d’un coussin, prête à vous jeter sur le nano membre comme si il s’était s’agit d’un incendie. Simplement entre temps, Loulou, tétanisé par la disparition de Lulue, le chien de Barbidou avait subi une baisse totale d’ardeur.

Du coup, ne sachant que faire avec votre coussin et n’ayant plus complètement votre tête, vous l’avez mis dans votre dos sous votre T-shirt et vous êtes mise à barrir en faisant le tour de la pièce. Ce qui a réveillé Darling qui est donc venu aux nouvelles et a qui vous avez, en toute logique, expliqué que vous étiez en train d’imiter un ours polaire. Ce qui a fait pleurer Louloute, définitivement honteuse de sa génitrice, et provoqué une nouvelle crise gastrique aiguë chez Darling. Vous avez alors appelé les urgences en pensant appeler votre mère. Ou l’inverse. Il faut avouer que c’est assez confus.

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Live from the Club Med

Beldi, Turquie. Sa plage, ses piscines, ses montagnes, ses bars, son restau, sa plage, ses piscines….une histoire de boucle à l’intérieur d’un enclos, pardon d’un Village, un Village du Club Med.
L’endroit où vous aviez toujours juré de ne jamais mettre un pied, entre autres parce que vous avez toujours eu un penchant claustrophobe et que le vase clos n’a jamais été votre fort, tant il vous fait penser à ce pauvre Clovis et à son vase cassé. Rien à voir entre Beldi et Soissons diriez-vous mais là n’est pas tant la question.

La question, c’est que vous êtes là, au Club Med de Beldi, Turquie, que vous rentrez demain, et que vous n’en aurez absolument rien vu, de la Turquie. Ce qui est exactement la raison pour laquelle vous aviez juré de ne jamais fréquenter le gang des Tridents, ne pouvant concevoir d’habiter un pays et de n’en rien voir. Vous me direz, l’ensemble des pays européens snobent la Turquie, il doit bien y avoir une raison.

Pour rendre à César ce qui lui appartient (et laisser ce pauvre Clovis 5 mn), vous avez eu au moins la chance de rencontrer des Turcs, puisque l’ensemble du personnel du Club Med est local, le Club y tenant particulièrement, histoire de faire marcher l’économie locale. Et de profiter du cout également local de la main d’œuvre par la même occasion. Des gens très sympas, ces Turcs, même si il faut bien reconnaitre que vous n’avez pas non plus découvert la Turquie grâce aux indigènes du coin, puisque le séjour prenant fin, vous ne savez pas même dire "merci" dans la langue du bled. En même temps, ce n’est pas un mot qui sert beaucoup.

Vous n’avez jamais vu autant de bouffe en un seul endroit. Avec des plats de tous les coins du monde. Même de Turquie, c’est dire. A midi comme le soir, vous pouvez manger jusqu’à plus soif, goûter de tout, à volonté, jusqu’à vous faire péter la panse. Et si jamais vous culpabilisez, il y a toujours un transat pas trop loin sur lequel aller réfléchir aux différents sports que vous pratiquerez, à la rentrée. Non ce qui est vraiment dur, c’est de voir cet afflux de victuailles, renouvelé pour chaque repas, préparé avec gout et qui sera certainement pour partie jeté tant il y en a. Ce gâchis, vous écœure, au point que, généralement, il vous est impossible de finir votre assiette, c’est dire.

Au delà du buffet, le réel avantage du Club c’est la prise en charge des enfants, que vous pouvez ne pas voir de la journée. Il faut mettre le prix mais le luxe s’achète. 9h00 – 17h00 puis 19h00 – 21h00, bye-bye les nains. Direction le Petit Club et le Baby Club. Pendant ce temps, les parents peuvent aller faire l’amour tranquille dans leur chambre, faire le toast sur les transats et, globalement, profiter de la plage, des piscines, des bars, du restau, de la plage, des piscines …tout en réfléchissant aux différentes choses sympas à faire avec les enfants, à la rentrée. Et puis au moins, les enfants ne perdent pas le rythme de l’école et ça c’est bien, ça évite trop de relâche.

Pour les hommes, noter une attraction qui n’est dans aucune brochure du Club. La MILF pool, ou piscine des Mothers I’d like to fuck. Tout un concept. En gros, c’est une piscine comme vous et moi, sauf que vous avez autour une forte concentration de nanas ayant su rester mega bandantes, malgré les diverses maternités. Dixit Darling himself mais vous ne pouvez qu’acquiescer. Pas parce qu’il a eu la politesse de vous inclure dans le lot, mais parce que vous n’avez besoin de lunettes que pour voir de loin. Et que de près, les femmes en question, sont effectivement sans peur et sans reproche. Du coup, sans mauvais jeu de mot, la MILF pool est votre honey pot quotidien. Grâce à Darling, qui a parfois la délicatesse d’un mammouth obèse, vous connaissez le socio-type de toutes les MILF du coin, de la MILF-italienne-triste, à la MILF-visiblement-délaissée-par-son-mari en passant par la MILF-tellement-bien-conservée-que-ce-n’est-pas-possible-que-ce-soit-VRAIMENT-ses-enfants.

Si il fallait résumer, le Club Med est l’endroit idéal pour rester entre européens, cultiver une certaine inculture, une nonchalance toute romaine, tous à moitié nus avec, à portée de main, des vivres en abondance. On peut y mater à loisir, sans les enfants dans les pattes pour dire "eh Papa, on va jouer aux pirates" juste au moment de l’heure de pointe de la MILF pool, ce qui est quand même VRAIMENT appréciable.

Bon voilà, vous l’avez crachée, votre bile cynique. Et puisque c’est fait, il est temps de dire la vérité: vous avez passé une bonne semaine parce que vase clos, gâchis et MILF ne vous ont pas empêchée d’avoir du temps, votre luxe à vous. Du temps à 2 pour se retrouver un peu, du temps avec les enfants que vous avez finalement très peu confiés au Mini Club même si il s’y éclataient bien et surtout du temps pour vous. Des moments où l’on ne sait pas ce que l’on fait après. Où rien n’est prévu. Juste du temps. Et rien que pour ça il se peut que ce ne soit pas fini entre le Club Med et vous.

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La conductivité miasmique


Un des points sur lesquels s’accordent à peu près tous les parents (mis à part ceux qui vivent dans le déni total) c’est que globalement les enfants c’est fatiguant. Le boulot aussi, certes. Et parfois même Darling, même si il faut aussi reconnaître qu’il pourrait prétendre à la canonisation, à laquelle il ne postule pas uniquement parce que le Pape manque un chouilla d’ouverture d’esprit. Enfin, c’est un autre débat.

Ce qu’il y a de fatiguant dans les enfants, c’est leur propension appuyée à avoir besoin de vous. Tout le temps. Et sans aucune considération pour vos nuits ou le fait que vous avez 3 Marie-Claire en retard (février, mars, avril) ou que vous avez regardé Friday Night Lights jusqu’à 2 heures du mat. Ce qu’il y a de fatiguant chez les enfants c’est aussi qu’ils sont très fortement conductibles, notamment aux miasmes, et que par conséquent ils se les passent, vous les passent, alors qu’il n’y a qu’à regarder nos amis touristes japonais pour voir que le port du masque hygiénique se généralise.Vous vous étonnez d’ailleurs qu’il n’en existe pas encore imprimés à l’effigie de Babar ou de cette conne de Dora (vous exécrez Dora pour des raisons encore inconnues qui mériteraient certainement un stop sur le canapé de l’analyste).

Bref, vos enfants n’ayant pas encore adopté le masque ni le gel antibactérien, ni la technique du slalom entre les microbes, technique qui nécessite la maîtrise du skate-board que vous ne leur avez pas encore acheté, ça n’a pas loupé. Alors que vous étiez tranquillement en train de dormir, vous avez été réveillée par des hurlements. Babichou vous appelait. Sautant du lit avec toute la grâce d’un mammouth en tutu, vous vous êtes précipitée à son chevet. Pour recevoir une gerbe de vomi bien sentie et particulièrement dynamique malgré l’heure avancée de la nuit. Stoïque, vous l’avez nettoyé, rassuré, bichonné malgré son odeur de vieux soulard malade et pris dans votre lit pour mieux veiller sur lui. Darling, pendant ce temps là bien au chaud à Paris, était certainement en train de faire son rêve de super héros préféré. A peine endormie et suffoquant à moitié sous les relents de l’haleine de Babichou, voila t’y pas (la scène avait lieu en Picardie) que Louloute se met à hurler.

D’un bond levée, avec la légèreté d’un Tyrannosaure ayant mangé le mammouth pré cité, vous filez au chevet de votre fille. Qui vous accueille d’une envolée de dégueuli, qui ne doit pas être la première de la nuit étant donné la croûte qui la recouvre comme un vieux pâté. Amis de la poésie, bonjour, vous dites vous en constatant que c’est déjà l’aube. Vous la lavez, vous la consolez et vous l’emmenez dans votre lit pour mieux la surveiller et constater que 2 enfants vomissant sentent effectivement plus mauvais que le vieux chien pouilleux de vos parents pourtant capable de faire tomber n’importe quel invité dans les vapes tant son souffle est fétide.

Vous passez les quelques heures restant de la nuit à compter les coups de pied reçus de votre progéniture, un coup à droite et l’autre à gauche, essayant de respirer dans votre lit transformé en véritable bauge, notamment après que l’un et l’autre se soient coup sur coup réveillés en rendant corps et âme le peu qu’il leur restait à rendre. Sur vous de préférence.

Vous passez la matinée à faire des lessives à 90°. Vous arrêtez très vite de prendre une douche à chaque attaque chimique liquide menée par l’un des deux, rapport à l’eau qui est considérée comme le nouvel or bleu de la planète, attendant d’avoir comme une seconde peau de matière avant de prendre finalement le karcher. Tout en faisant votre Cosette, vous pensez aux nuits blanches d’Avant, dues à un déhanchement sur le dance floor et à votre lit dans lequel vous ne pourrez plus jamais faire de galipettes par crainte de faire remonter du sommier des relents de vieille purée digérée. Vous êtes épuisée et envisagez de partir en thalasso illico.

Vous rentrez à la capitale, en vous sentant au mieux de votre féminité, de votre forme et de votre odeur. Vous rêvez d’une nuit de 14 heures et de l’invention d’une nouvelle machine à laver dans laquelle les enfants pourraient aller sans y laisser leur vie ni foutre en l’air la machine. Vous ouvrez la porte de chez vous, les 2 loupiots sous le bras. L’appart a visiblement été envahi depuis votre départ par une armée de geeks hystériques: consoles de jeux avec fils qui dépassent, chaussettes échouées, paquets de petits écoliers éventrés, chinois en barquette, coca débullé, toutes lumières allumées. Vous êtes sur le point d’appeler un avocat après avoir fondu en larmes à moins que vous ne vous mettiez à hurler qu’une bande de phacochères a pénétré dans vos appartements. Mais vous êtes trop fatiguée. Et puis vous n’en avez pas le temps parce que, du fin fond de l’appart, une voix vous interpelle plaintivement: "chérie, je crois que je suis malaaaaaaaaade, t’aurais pas du Primperan ?"

PS: spéciale dédicace à une pouiquette qui 
ne pourra pas lire ce post.

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La rupture

En cette période de Saint Valentin et d’apologie de l’amour (parrainée par Saint Commerce), vous êtes bien obligée de constater que vous êtes plutôt en période de rupture. Voire de divorce. A durée déterminée. Mais quand même.

L’homme qui vous fait souffrir n’est pas votre mari. C’est à la fois une bonne chose mais ce n’est pas plus facile pour autant. Vous en n’avez pas moins le cœur serré le matin. En revanche, à la différence des autres ruptures que vous avez pu vivre dans votre vie, vous n’avez pas le syndrome larme à l’œil quand vos oreilles entrent en contact avec une musique totalement mièvre. Pour la simple raison que l’homme en question est insensible au top 50 tout comme au rock indé. Vous n’avez pas non plus besoin de scruter votre portable plus que d’habitude car le gars en question est une quiche en SMS. Le type en question n’est pas votre amant. Le gars en question n’est même pas majeur. Et sa propension à vous faire sortir de vos gonds est inversement proportionnelle à sa taille. Ca vous donne une idée : il fait 96 centimètres.

A l’annonce de son sexe, par votre gyneco fétiche, il vous était venu l’espoir d’une relation moins conflictuelle que celle vécue avec votre père. Mais vous vous étiez dit aussi que vous aviez le temps de voir, une bonne quinzaine d’années avant l’adolescence et son lot de crises. On ne vous avait juste pas prévenue que l’adolescence pouvait démarrer vers les 3 ans. A moins que cela n’ait rien à voir avec l’adolescence mais plus avec Œdipe. Mais quoi qu’il en soit, votre relation est en ce moment aussi tendue qu’un string mal ajusté.

Un jour alors que vous étiez enceinte jusqu’à la racine des cheveux, il vous était soudain venu en tête que poussait en vous une mini bite. Non pas que l’idée soit désagréable dans l’absolu, mais forcément dénuée de tout l’aspect érotique de la chose quand il s’agit du membre de votre propre fils. Avec l’idée de ce sexe en jachère dans votre ventre, plein d’interrogations sur votre capacité à savoir gérer et comprendre 1) un être différent de vous et 2) un mec.

Avec le recul, vous avez bien fait de vous interroger mais cela n’a pas été d’une grande utilité. Car globalement, force est de constater que vous n’avez pas toutes les clés. Et pas non plus le capital patience approprié. Merde au politiquement correct du Parti des Mères Parfaites. Votre fils vous gonfle un maximum. Voilà, c’est dit.

Et oui ça vous saoule de devoir prévoir 30 minutes pour qu’il enfile son pantalon et de vous prendre la table parce que vous êtes allée ramper dessous pour l’attraper. Et votre pull Ba&sh en laine et angora qui se prend dans le fauteuil en passant. Et oui ca vous gonfle qu’il vous lèche le visage après avoir mangé du Nutella. Ou du Kiri. Et pourtant vous êtes une fan de l’un et de l’autre. Et oui c’est pénible quand il dit non à tout. Et oui ça vous enrage quand il décide de jouer de l’harmonica à 7h00 un dimanche. Et oui il fait mouche quand il décrète que « non c’est Papa qui m’habille » ou que « non c’est pas toi qui fait l’histoire ». Et oui vous enragez quand 5 minutes avant le rendez-vous avec vos 2 amies d’enfance ultra stylées auquel vous devriez déjà être depuis 1 heure, vous vous retrouvez pleine de merde suite à une lutte féroce pour changer Monsieur Terreur histoire de le laisser dans un état décent pour se coucher. Et que comme vous êtes chez vos beaux-parents vous n’avez rien pour vous changer. Et qu’en dessous de votre pull souillé vous n’avez qu’un haut en dentelle et qu’il fait moins douze. Et que Darling vous propose de vous prêter son jean qui même avec une ceinture ne tient pas. Et que par excès de gentillesse il vous propose les bretelles de son père. Qui de surcroit sont à peu près de la même couleur que la matière qui compose désormais votre pantalon. Et oui, vous trouvez ça ridicule de vous mettre dans tous vos états à cause d’un nain de 3 ans.

Surtout que le nabot en question serait le premier à vous dire qu’il vous aime même avec des bretelles et parfumée au Baume Fécal. Surtout que quand il dort (enfin) il est vraiment mignon. Surtout qu’il est vraiment doué en harmonica et que vous avez un nouveau prétexte pour vous racheter un pull. Et surtout qu’il a peut-être une mini bite mais que ce détail mis à part, il a juste le même caractère pourri que vous. Et qu’en plus, ce serait vraiment discourtois de rompre à la Saint Valentin.

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Le bonheur


Ce genre de truc arrive bizarrement souvent en phase aigüe de ras le bol de tout, bout du rouleau, fond du puits, autrement appelée phase de lamentations mures (à ne pas confondre avec le Mur des …rapport au fait que dans ces moments là, il n’y a de mur que celui que l’on a le sentiment de se prendre incessamment sous peu).

Rapide descriptif du décor: le personnage de la scène en question pourrait sauter à la corde avec ses cernes. Par ailleurs, son coiffeur, ce charmant Simon, s’est laissé entrainer dans un élan créatif douteux et, certainement mu par son amour pour Mylène Farmer, a été particulièrement généreux en colorant roux. Le pantone étrange qui en a résulté a le mérite de faire ressortir l’intensité des cernes. Dans le même temps, Babichou et Louloute se sont relayés pendant 3 nuits de suite pour vous réveiller toutes les 2 heures et vous démontrer ainsi à la fois leur complicité naissante mais aussi leur engagement aux cotés des grévistes, dans une catégorie à eux, celle du sommeil. Pour justifier la loi des séries, les transports en commun se sont arrêtés et vous avez du déménager dans le 6ème arrondissement chez vos beaux parents avec enfants et valises dans la mesure où ni la RATP ni la SNCF n’ont prévu de système de clonage express de nourrice ou de télétransportation et que vous êtes en rade.

Tous les matins vous pédalez donc comme une dératée, en ayant l’air super détendue ce qui est archi faux compte tenu du fait que vous avez évidemment des rendez-vous super importants pile ces matins là, des rendez-vous banderolés "warning, warning, impact éventuel sur l’avenir" et que vous êtes en train de suer comme une truie dans la robe noire achetée pour l’occasion (mais que vous mettez depuis 2 jours puisque vous êtes en camping chez Belle Maman), que vous pédalez les jambes écartées en angle droit par rapport à la selle afin de ne pas filer vos collants ( collants mega fins que vous avez du emprunter à Belle Maman puisque dans l’agitation vous n’avez embarqué de chez vous que les collants de Louloute, taille 18 mois), que vous venez de penser que vous n’avez pas de déo sur vous et que vous êtes obsédée à l’idée que la sueur pourrait entrainer une dilution de l’œuvre de Simon avec pour effet des sillons oranges qui iraient jusque dans votre cou. Ah et pour finir le tableau avec précision, les collants de Belle Maman sont en taille 4 et vous font comme une seconde peau un peu vieille à la manière des serpents qui muent. Vous vous sentez belle, non vraiment.

Darling est dans le même état que vous (couleur ratée en moins), super détendu, à l’aise blaise. Histoire de prendre un peu l’air et pour fêter le fait que votre rendez-vous du jour s’est plutôt bien passé et que vos interlocuteurs n’ont pas eu l’air choqués ni par votre air anémique ni par votre forte odeur corporelle de pédalage intensif, vous décidez d’aller diner en tête à tête. Vous êtes l’un et l’autre tellement épuisés que vous ne prenez qu’une entrée. Vous passez le repas à vous demandez si les asiatiques ressentent au quotidien le même désagrément que vous à cet instant, celui de voir Darling en forme croissant tellement vous ne parvenez pas à ouvrir vos yeux plus que sur une fente. Histoire de dire un truc, vous en venez à parler week-end ailleurs. Prague vient sur le tapis mais vous êtes tellement fatiguée qu’il vous est impossible de vous souvenir dans quel pays se trouve cette ville. Vous êtes mortifiée. Darling vous regarde d’un air affligé. Vous vous sentez cultivée, non vraiment.

Bref, vous êtes dans une forme olympiquement merdique. Rien de grave mais tout vous gonfle, jusqu’à Louloute qui a fait sa Judas en faisant ses premiers pas sous le regard de sa grand-mère plutôt que de vous. Et sans compter que vous avez cru bon d’innover, au restaurant, dans votre choix d’entrée et que vous avez bizarrement pris des os à moelle au gros sel, un truc que vous avez toujours détesté. Sauf que ca vous est sorti de tête en même temps que la Tchécoslovaquie/république tchèque.

Mais voilà, vous rentrez chez Belle Maman, regardez Louloute qui dort comme une Princesse (mais comment peut-on être aussi jolie et sentir aussi bon) et vous rendez à pas de souris dans la chambre de Babichou. Vous lui faites un bisou tout doux et là, se réveillant le temps d’une seconde, il vous murmure: "Maman, je t’aime fort fort". Vous sortez alors du puits, du rouleau et du ras le bol à la vitesse d’un missile. Tout à coup, l’os à moelle est oublié, votre amnésie aussi, vos rendez-vous itou, la grève idem, vous avez envie de faire le tour de Paris en vélo quitte à suer comme 10 truies pour hurler à toute la ville, grévistes compris, un seul mot : bonheur.

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La Roccosiffrédite

Le matin de votre départ de la maternité, alors même que Babichou ouvrait les yeux sur son cinquième jour, votre Doc Gyneco à vous était venu vous voir tout sourire avec une prescription de pillule. Un peu intimidée, comme toutes les jeunes mamans un jour de sortie de clinique, vous aviez gardé pour vous votre pensée de cette seconde là: la contraception n’est pas vraiment la priorité du jour rapport au fait que mon corps hésite entre la sensation d’avoir été traversé par la Grosse Berta des années 2000 ou piétiné par un Mamouth piqué par une abeille. Eh oui, la jeune accouchée n’est pas instantanément avide de galipettes mais devant le sourire en coin du Doc et l’air entendu de Darling vous aviez accepté la prescription. Et mis l’ordonnance dans le fond du sac à langer, tout en sentant une certaine pression peser sur vous, la pression qui dit que l’un des challenges de la jeune mère pour préserver à la fois son plaisir et sa tranquilité est la gestion de l’ego masculin.

Histoire de vous changer les idées et pour meubler les 14 secondes que vous avez pour vous par jour, vous achetez Parents. Une lecture normalement neutre et à peu près aussi challenging intellectuellement parlant qu’un dialogue entre une éponge et une anémone. Ce mois-ci, un supplément, intitulé " Tout sur la sexualité, pendant la grossesse et après". En parcourant rapidement les pages de ce monument de littérature aux considérations des plus poétiques ("j’ai retrouvé le désir mais je souffre de sécheresse vaginale"), il vous apparait qu’un élément important de la sexualité de la jeune mère a été oublié par la rédaction: la prétention masculine.

La prétention masculine est LE paramètre à prendre en considération pour vivre au mieux et avec humour les changements de votre corps pendant cette période et les rapports avec votre moitié. L’expression de ce paramètre est la propension remarquée de la plupart des hommes à se prendre pour Rocco Siffredi et à nourrir l’espoir secret que leur compagne s’en est rendue compte. Certes, vous aviez déjà entendu parler des coups d’oeil en douce que se portent nos congénères maculins dans les douches du Gymnase Club, le décimètre incorporé à la pupille histoire de comparer à la vitesse de l’éclair des membres pourtant en position fil de pêche rapport à la température de l’eau. Et pourtant, vous n’aviez jamais réalisé à quel point la Roccosiffrédite était une caractéristique de la phsychologie masculine.

Jusqu’à ce que Darling s’inquiète de faire mal au bébé lors d’un calin coquin. Ou plus tard, dans le même genre, se demande si il ne risquait pas d’être piqué au vif par votre stérilet, transformé en harpon vengeur. Et c’est là, dans ce genre de situation, que vos études en sciences politiques se révèlent les plus utiles: comment rassurer sans pour autant minimiser l’objet de l’inquiétude? Vous ne pouvez évidemment pas dire "mais non chéri, c’est impossible que tu arrives jusque là!" au risque d’être taxée de "castratrisme". A contrario, si pour le flatter vous assurez "c’est vrai, tu as le bras tellement long!", vous risquez de l’encourager dans sa mégalomanie. A moins que parce que vous avez envie d’être tranquille ce soir là vous ne lui disiez "c’est un risque effectivement, j’ai lu dans un magazine, l’histoire d’un homme qui avait dù être amputé".

Pas de doute, c’est un vrai dilemme trop peu abordé par la presse féminine. Vous allez de ce pas écrire à Parents.

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La fantaisie

Le risque quand on est parisienne, mère de 2 enfants, impliquée professionnellement et revendiquant la nécessité de garder malgré tout une vie sociale (vous savez, le truc qui s’appelle "Les amis", un truc limite has been mais qui ne fait pas forcément tâche si on se dit que le revival est une notion tendance), c’est de devenir complètement hystérique de l’organisation, avec Blackberry intégré au cortex et Outlook comme architecture cérébrale. Le genre a rentrer côte a côte sur l’agenda de l’ordi le rendez-vous avec le pédiatre, la livraison Ooshop et le rendez-vous pro avec les Coréens du coin. Et puis, quelque part, se caler un dernier meeting aux alentours de minuit, au moment ou votre troisième journée commence. Le meilleur rendez-vous, juste avant celui de l’oreiller: celui qui vous permet de croiser votre alter ego poilu, l’homme de votre vie, reconnaissable au fait qu’il fait mine de ne pas s’apercevoir que vous êtes cernée ou que votre dernier passage chez l’esthéticienne date de l’ère Minitel.

Le risque quand la vie court trop vite et que vous êtes préoccupée par les aspects logistiques, de gestion et d’efficacité, où vous êtes à ce point azimutée qu’un plantage informatique est vécu comme si c’était aussi grave que la catastrophe de Bhopal, c’est de devenir aussi sèche qu’un vieux pruneau racorni et, au delà, de ne plus être capable de fantaisie.

La fantaisie, le truc qui fait que ce n’est pas la fin des haricots et que les carottes ne sont pas complètement cuites, l’antidote la plus sure pour ne pas devenir complètement coincée du string. Le réflexe qui vous sauve et qui vous permet de rester stoïque quand Babichou décrète qu’il a besoin de mettre son casque de vélo et ses lunettes de piscine pour aller avec vous acheter du pain. La fantaisie, l’état d’esprit vital pour ne pas rougir quand le même Babichou se met à courir dans la rue en hurlant "bite, bite, bite" parce qua sa nourrice est espagnole et ne lui a pas appris a prononcer les "v". La fantaisie, cette idée essentielle pour affirmer à votre progéniture qu’elle a raison quand elle décrète que les castors mangent du pain et qui vous fait ramper sous le lit avec la pelle a poussière pour aller chasser le loup qui s’est bizarrement éloigné de son environnement naturel au point d’atterrir dans une chambre d’enfant du 18eme. La fantaisie, il en faut pour ne pas s’étonner quand l’ainé vous demande si il peut revenir dans votre ventre et quand la seconde manque de s’étouffer en suçant ses doigts de pied. Et que Babichou vous oblige a faire 4 stations de bus avec une bouée orange accrochée dans le dos parce qu’il n’a pas voulu la porter et que l’objet refuse de se dégonfler.

La fatigue aidant, il faut parfois un effort pour reconnaitre quand une situation est plutôt drôle ou pour savoir repérer les ferments de poésie qui pimentent le quotidien. La fantaisie est là pourtant, pas loin, si on regarde bien et qu’on oublie son BlackBerry. 5 minutes, au moins, le temps de s’apercevoir que ce matin vous avez mis deux chaussures différentes.

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Escogriffe aux cheveux longs

Un jour peut-être Babichou ressemblera à cet escogriffe aux cheveux longs et peut-être aussi chantera t-il la même chanson ?

Vous espérez que vous trouverez la scène toujours aussi drôle et n’appellerez pas SOS Délinquance. Et si tel n’est pas le cas c’est que vous serez devenue une vieille conne, handicapée de l’humour 5ème degré. Vous vous promettez de relire ce post dans 15 ans.

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