Vous vous réveillez un matin, très précisement ce matin en fait, et vous réalisez que vous n’êtes pas du tout au début du sixième mais du septième mois.
Outre le fait qu’il est possible que le personnel de bord refuse de vous faire monter dans l’avion (vous êtes actuellement en Turquie où vous re apprenez à ne rien faire), votre vraie prise de conscience va a votre bide arrondi que seule une pastèque aux OGM pourrait concurrencer, tant la proéminence est avérée. A dire vrai, il vous serait possible d’oublier de mettre une culotte et de ne pas vous en rendre compte puisque votre abdomen cache tout ce qui est en dessous du nombril.
Vous me direz, tout le monde vit a moitié nu dans ce Club (Nouvelles Frontières, moitié moins cher que le Club Med pour info et 80% aussi bien), y compris des Russes ventripotents qui se pintent à la bière aux alentours de 10h du mat (le genre de personne que l’on croise certes moins au Club Med), ce qui a pour effet de vous donner le sentiment d’être finalement aussi légère qu’une libellule anorexique.
Bref, en dehors de vos réflexions ethnologiques, votre cerveau est essentiellement accaparé par la découverte du fait que Babichette sera là très bientôt. Dans 3 mois en fait.
Et contrairement au Ploutch et la Louloute, baby 3 n’a jusqu’ici pas eu une ligne sur ce blog. Pas ca. Nada. Pourtant, les réactions qui ont suivi l’Annonce de sa venue, mériteraient un roman à elles seules. Enfin, au moins une nouvelle.
Une nouvelle que, de votre côté, vous avez souhaitée très fort. Comme le glas d’une période pourrie de 2 ans où tout est parti à vaut l’eau au point de vous couper l’envie d’écrire le moindre mot. Un long jeùne d’écriture pour éviter de raconter des choses aussi larmoyantes que finalement dénuées d’interêt. Pour la faire courte, Darling et vous avez décidé un matin qu’il suffisait, que la déprime était finalement une question d’état d’esprit, que le ciel avait repris du bleu et qu’il serait chouette d’en faire profiter un 3eme baby larron. Ardemment désiré donc.
Toute à votre joie, vous décidez de partager très tôt votre bonheur en commenant par vos beaux-parents, à l’occasion du déjeuner dominical, lequel a généralement lieu le samedi. Vous imaginez déjà la liesse que ne manquera pas de provoquer l’Annonce de cette future naissance, notamment parce que vos 2 aînés sont complètement adulés par leurs grands-parents et que l’idée d’un 3ème du même ordre devrait les mettre en transes. Les grands-parents, pas les aînés (lesquels au moment de ce fameux déjeuner ne sont d’une part au courant de rien et d’autre part déjà naturellement en transes, étant sur le modèle Duracel).
Ne sachant comment aborder le sujet et souhaitant ménager le père et la mère du géniteur de baby 3 (dans la mesure où trop de joie d’un coup peut être dangereux), vous lancez, l’air de rien: “Et vous, quand vous avez eu 40 ans, il s’est passé quoi dans votre vie ? ” (le rapport étant que Darling sera quadra au moment de la naissance).
Et les parents de votre époux de se lancer dans le récit incroyablement fourni d’une série de décés intervenus inopinément parmi leurs amis alors que Monsieur fétait ses 40 bougies. Quelques divorces également arrivés autour d’eux à cette époque. Sans compter le premier infractus de votre beau père qui, bientôt, l’amènerait un quintuple pontage. La litanie est infinie et vous devenez nerveuse. Darling aussi, au point que vous partez tous les deux dans un fou-rire libérateur mais complètement inaproprié compte tenu de ce qui vous est raconté.
Heureusement, en face, personne ne se vexe et on s’étonne enfin de votre question du départ. Heureuse d’arriver enfin au VRAI sujet et heureuse tout court de la phrase qui va suivre, vous faites enfin THE annonce: “pour ses 40 ans, votre fils sera de nouveau Papa ! “. MazelTov ! affirme votre beau-père mais votre belle-mère ne se prononce pas sur la qualité de la nouvelle et enchaîne tout de go sur une question d’ordre pratique “tu ne voudrais pas être mère porteuse ? “
Complètement sonnée par cette demande, résolument incapable de penser à autre chose qu’à la sensation bizarre de vivre un épisode de décalage temporel, vous tentez de vous concentrer sur l’incroyable couleur verte des petits pois de votre assiette. Vous essayez de les compter mais c’est dingue ce qu’un petit pois ressemble à un autre. Finalement, vous ne trouvez rien d’autre à faire que de répondre, comme si on vous avait demandé “du sucre dans votre café ? “, “heu…non merci“.
Choux blanc total donc par rapport a l’effet escompté et, rapidement, la conversation s’engage sur d’autres sujets. Vous êtes tellement déçue que vous mettez quelques heures avant d’être énervée : vous êtes déjà dans le taxi qui vous ramène chez vous au moment oû le début de la moutarde vous arrive au nez. Entre le choux et la moutarde, autant vous dire que le diner vous reste sur l’estomac.
Le lendemain, dimanche, Darling et vous convenez d’appeler vos parents avec l’idée que ce serait injuste d’attendre 15 jours et leur retour de vacances avant de les faire profiter du scoop du moment. Avec l’idée aussi que la retraite n’apporte pas tant de joies que ça et que celle que vous leur réservez devrait les alimenter pour quelques mois. Comme presque systématiquement, vous tombez sur votre mère et lui demandez de mettre le haut-parleur, compte tenu du fait que vous avez quelque chose lui dire dont vous souhaiteriez galement faire profiter votre père.
Après quelques minutes d’attente – il faut bien ça pour trouver ses lunettes, élément indispensable pour repérer le symbole “haut-parleur”, puis appeler le Pater Familias – vous lancez tout de go et quelque peu nerveuse (le jour où vous aviez annoncé à votre mère l’arrivée du Ploutch, elle vous avait répondu du tac au tac “j’ai tout d’un coup le sentiment d’avoir un pied dans la tombe“), la raison de votre grand bonheur du moment. Le silence qui suit vous fait vous demander une seconde si il est possible d’avoir des rhumatismes à la bouche et si les pompiers se déplaceraient pour ça en cas d’alerte de votre part. Mais vous êtes vite rassurée sur le fait que votre mère ne souffre pas de paralysie faciale quand vous l’entendez demander “heu c’est un accident ? “
Malheureusement, vous êtes à ce moment là trop estomaquée pour vous lancer dans un cours sur la contraception, sa vie son oeuvre où pour lui rappeler le temps où, en mai 68, elle se battait, dans un pantalon pattes d’eph, paraît-il rose, avec des milliers d’autres jeunes, pour que soit reconnu, entre autres, le droit à l’avortement et plus généralement le droit à une conception contrôlée de la conception. Aujourd’hui, en 2010, et depuis quelques années déjà, il se trouve que le contrôle des naissances est désormais possible, faudrait-il lui rappeler.
Vous manquez d’à propos certes mais vous êtes surtout occupée à vous demander si vous devez en conclure que votre mère a) vous estime trop pure pour savoir “comment on fait les bébés“, même si c’est le 3ème ou b) en déduire qu’elle vous juge parfaitement inconsciente compte tenu du surpeuplement de la planête et de l’extinction des baleines. Vous aimeriez lui répondre par pure provocation qu’effectivement Darling s’est raté sur le retrait mais comme vous avez légèrement évolué depuis l’époque où vous faisiez le mur pour aller voir le film The Doors après avoir traversé la campagne en Solex, vous laissez tomber cette réplique adolescente et répondez, comme si on vous avait demandé ” t’as pris froid à cause de la clim ? “, “non, non“.
Il va sans dire que la conversation tourne court et que vous auriez échoué au Grand Concours de l’Amabilité à cause de la façon dont vous ne dîtes pas au revoir. Mais, surprise, 1 heure plus tard, votre chère Maman vous rappelle, certainement embêtée de sa réaction et, vous dîtes-vous, forcément gênée de ne vous avoir pas congratulée, et vous déclare “Tu sais je me dis que tu vas avoir 35 ans et que plus on vieillit, moins c’est facile d’avoir des enfants. Vous avez donc peut-être bien fait“. Oubliant de la remercier pour ce gentil rappel des années qui passent, vous raccrochez en omettant de nouveau de la saluer.
Vous passez une fin de week-end légèrement morose, à vous demander si vous devez mettre ces réactions sur le compte de la maladresse ou des prémices de la sénilité. A dire vrai, vous n’avez toujours pas trouvé réponse a cette question alors même que l’arrivée de Babichette est désormais imminente (ce post a été écrit en plusieurs mois). Ce qui est sur, c’est que ces vilaines phrases ont rendu plus compliqué le fait de prendre le clavier pour fêter via mots cette adorable minette qui est en vous.
Ce qui est certain aussi, minie Madame que je sens bouger sous ma main, c’est que tu étais désirée avant même le soir de ta conception (laquelle s’est faite en totale lucidité, sans drogue, sans alcool et pour le reste des détails, tu es trop jeune pour savoir) et que, à défaut d’avoir été beaucoup félicités par la famille proche, ton père et moi sommes dans une complète félicité depuis que tu t’annonces. Alors raboule ta fraise très vite et achète moi un rouleau de Chaterton pour le jour où, sur le point d’être Maman à ton tour, tu me feras toi aussi l’Annonce.
j’attends avec impatience l’arrivée de cette petite fille.et je l’aimerai avec passion comme j’aime les 2 autres.
navrée pour mes reactions, l’impatience va je crois, être satisfaite bientot.
Moi aussi, je suis heureuse que tu arrives et je l’ai toujours été dès l’annonce à la sortie de la patinoire.
A cette nuit ou a demain.
Moi ce qui me fait surtout plaisir, c est que tu écrives de nouveau, car c est toujours un pur moment de bonheur de te lire…. Bon, babichette, fait un effort et sort: ta maman vaut vraiment le coup d’ être connue… Courage pour la fin de l aire des baleines ma doune… Tu seras libellule bientôt.
Bienvenue Elizabeth!
Tu as déjà envahit la toile et fait un ras de marée de “twitt”, de “i like” donc j’en rajoute une petite couche ici, avant d’avoir le droit de venir à ta rencontre.
Mon appareil est prêt pour ton premier défilé de mode, c’est normal en pleine fashion-week!
Tu es la troisième mais l’émotion est toujours là.
Bravo à tes geek de parents
Je suis très heureuse pour vous, pour toi, et je t’envie même un peu…
Je n’en aurai certainement pas trois à mon grand regret et je saute de joie à chaque annonce de troisième autour de moi. Je crois que je partage l’intensité de vos émotions par procuration.
Profite de chaque instant.
Je t’embrasse.
merci pour ton message, Charlotte!
Que deviens tu ? Donne moi de tes nouvelles plus en détails via Facebook, ca me fera plaisir.
Je sais qu’avec 3 enfants on n’est jamais totalement en vacances, mais tout de même! j’attends le post, moi!
En plus en famille, ça donne plein de matière
Bise