Vie de quartier

Ce matin, lever tôt pour faire un tour au marché de l’Olive, qui contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser n’est pas LE marché spécialisé dans les olives ou dans les huiles qui y sont liées. C’est un marché comme vous et moi sauf qu’il est couvert et qu’il est dans mon quartier.

Mission: trouver des croissants dignes de ce nom, c’est à dire qui ne donnent pas le sentiment d’avoir servi d’éponge précedemment, dorés et non d’un jaune qui évoque la maladie en général et un foie mal en point en particulier.

Histoire de passer plus facilement inapercue – nous sommes nouveaux dans le quartier et je risquais de passer pour une intruse – je me suis acheté un caddie à roulettes et je me suis fondue, autant que faire se peut quand on a une proéminence ventrale et un manteau rose, dans la foule des badauds.

Direction la boucherie, ce qui est somme toute logique quand on cherche des croissants, pour découvrir une fabuleuse collection de cochons alignés sur des étagères au fond du stand. En plastique, en verre, en bois, en porcelaine, en dessin, globalement tous roses et a peu près tous ridicules. Dans la file d’attente, des petits vieux et petites vieilles et tous habitués de ce stand du Marché de l’Olive.

- Alors M’sieur Maurice, 4 tranches fines, comme d’habitude ?
- C’est ça et puis aussi du paté de tête.
- Deux tranches épaisses, comme d’habitude ?
- Voilà, avec un peu de salade du chef
- Une petite barquette, comme d’habitude ?

C’est là que je me suis juré que, même si je dois vivre 10 ans ou plus dans ce quartier et venir m’alimenter tous les dimanches au marché de l’Olive, j’irais d’un stand de boucherie à l’autre de façon totalement aléatoire afin de ne jamais être prise pour cible par la collectionneuse de cochons.

Plus tard dans l’après midi, mon oeil est attiré par une tâche rouge au milieu du trottoir. Je m’approche de la fenêtre pour voir une femme assise sur le bitume, en mini jupe rouge, les jambes écartées, un walk man sur les oreilles, entourée des pigeons auxquels elle est en train de distribuer des miettes. Esthétiquement, l’effet est plutot réussi. Du point de vue de la dose ingérée de crack certainement aussi.square

Bizarrement cela me donne envie d’aller faire un tour. Direction l’Inde juste à coté. A l’épicerie, les odeurs me rappellent notre voyage au Kerala. Les gens dodelinent de la tête pareil et je ne comprends rien à ce que je vois. Je cherche du Sopalin mais ils ne connaissent pas. On essaye en anglais mais ça ne déclenche pas plus de compréhension. Tout compte fait, on peut vivre sans alors on repart avec du jus d’ananas.

C’est tout cela mon nouveau quartier. A la fois l’Inde, Harlem, le Maghreb mais aussi M’sieur Maurice qui veut juste son jambon coupé tout pareil que dimanche dernier. C’est Paris avec des bouts du monde entier. Un chouette quartier.

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Classé dans Pointillés

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