La conductivité miasmique

Sunday 13 April 2008


Un des points sur lesquels s’accordent à peu près tous les parents (mis à part ceux qui vivent dans le déni total) c’est que globalement les enfants c’est fatiguant. Le boulot aussi, certes. Et parfois même Darling, même si il faut aussi reconnaître qu’il pourrait prétendre à la canonisation, à laquelle il ne postule pas uniquement parce que le Pape manque un chouilla d’ouverture d’esprit. Enfin, c’est un autre débat.

Ce qu’il y a de fatiguant dans les enfants, c’est leur propension appuyée à avoir besoin de vous. Tout le temps. Et sans aucune considération pour vos nuits ou le fait que vous avez 3 Marie-Claire en retard (février, mars, avril) ou que vous avez regardé Friday Night Lights jusqu’à 2 heures du mat. Ce qu’il y a de fatiguant chez les enfants c’est aussi qu’ils sont très fortement conductibles, notamment aux miasmes, et que par conséquent ils se les passent, vous les passent, alors qu’il n’y a qu’à regarder nos amis touristes japonais pour voir que le port du masque hygiénique se généralise.Vous vous étonnez d’ailleurs qu’il n’en existe pas encore imprimés à l’effigie de Babar ou de cette conne de Dora (vous exécrez Dora pour des raisons encore inconnues qui mériteraient certainement un stop sur le canapé de l’analyste).

Bref, vos enfants n’ayant pas encore adopté le masque ni le gel antibactérien, ni la technique du slalom entre les microbes, technique qui nécessite la maîtrise du skate-board que vous ne leur avez pas encore acheté, ça n’a pas loupé. Alors que vous étiez tranquillement en train de dormir, vous avez été réveillée par des hurlements. Babichou vous appelait. Sautant du lit avec toute la grâce d’un mammouth en tutu, vous vous êtes précipitée à son chevet. Pour recevoir une gerbe de vomi bien sentie et particulièrement dynamique malgré l’heure avancée de la nuit. Stoïque, vous l’avez nettoyé, rassuré, bichonné malgré son odeur de vieux soulard malade et pris dans votre lit pour mieux veiller sur lui. Darling, pendant ce temps là bien au chaud à Paris, était certainement en train de faire son rêve de super héros préféré. A peine endormie et suffoquant à moitié sous les relents de l’haleine de Babichou, voila t’y pas (la scène avait lieu en Picardie) que Louloute se met à hurler.

D’un bond levée, avec la légèreté d’un Tyrannosaure ayant mangé le mammouth pré cité, vous filez au chevet de votre fille. Qui vous accueille d’une envolée de dégueuli, qui ne doit pas être la première de la nuit étant donné la croûte qui la recouvre comme un vieux pâté. Amis de la poésie, bonjour, vous dites vous en constatant que c’est déjà l’aube. Vous la lavez, vous la consolez et vous l’emmenez dans votre lit pour mieux la surveiller et constater que 2 enfants vomissant sentent effectivement plus mauvais que le vieux chien pouilleux de vos parents pourtant capable de faire tomber n’importe quel invité dans les vapes tant son souffle est fétide.

Vous passez les quelques heures restant de la nuit à compter les coups de pied reçus de votre progéniture, un coup à droite et l’autre à gauche, essayant de respirer dans votre lit transformé en véritable bauge, notamment après que l’un et l’autre se soient coup sur coup réveillés en rendant corps et âme le peu qu’il leur restait à rendre. Sur vous de préférence.

Vous passez la matinée à faire des lessives à 90°. Vous arrêtez très vite de prendre une douche à chaque attaque chimique liquide menée par l’un des deux, rapport à l’eau qui est considérée comme le nouvel or bleu de la planète, attendant d’avoir comme une seconde peau de matière avant de prendre finalement le karcher. Tout en faisant votre Cosette, vous pensez aux nuits blanches d’Avant, dues à un déhanchement sur le dance floor et à votre lit dans lequel vous ne pourrez plus jamais faire de galipettes par crainte de faire remonter du sommier des relents de vieille purée digérée. Vous êtes épuisée et envisagez de partir en thalasso illico.

Vous rentrez à la capitale, en vous sentant au mieux de votre féminité, de votre forme et de votre odeur. Vous rêvez d’une nuit de 14 heures et de l’invention d’une nouvelle machine à laver dans laquelle les enfants pourraient aller sans y laisser leur vie ni foutre en l’air la machine. Vous ouvrez la porte de chez vous, les 2 loupiots sous le bras. L’appart a visiblement été envahi depuis votre départ par une armée de geeks hystériques: consoles de jeux avec fils qui dépassent, chaussettes échouées, paquets de petits écoliers éventrés, chinois en barquette, coca débullé, toutes lumières allumées. Vous êtes sur le point d’appeler un avocat après avoir fondu en larmes à moins que vous ne vous mettiez à hurler qu’une bande de phacochères a pénétré dans vos appartements. Mais vous êtes trop fatiguée. Et puis vous n’en avez pas le temps parce que, du fin fond de l’appart, une voix vous interpelle plaintivement: “chérie, je crois que je suis malaaaaaaaaade, t’aurais pas du Primperan ?

PS: spéciale dédicace à une pouiquette qui 
ne pourra pas lire ce post.

La rupture

Monday 11 February 2008

En cette période de Saint Valentin et d’apologie de l’amour (parrainée par Saint Commerce), vous êtes bien obligée de constater que vous êtes plutôt en période de rupture. Voire de divorce. A durée déterminée. Mais quand même.

L’homme qui vous fait souffrir n’est pas votre mari. C’est à la fois une bonne chose mais ce n’est pas plus facile pour autant. Vous en n’avez pas moins le cœur serré le matin. En revanche, à la différence des autres ruptures que vous avez pu vivre dans votre vie, vous n’avez pas le syndrome larme à l’œil quand vos oreilles entrent en contact avec une musique totalement mièvre. Pour la simple raison que l’homme en question est insensible au top 50 tout comme au rock indé. Vous n’avez pas non plus besoin de scruter votre portable plus que d’habitude car le gars en question est une quiche en SMS. Le type en question n’est pas votre amant. Le gars en question n’est même pas majeur. Et sa propension à vous faire sortir de vos gonds est inversement proportionnelle à sa taille. Ca vous donne une idée : il fait 96 centimètres.

A l’annonce de son sexe, par votre gyneco fétiche, il vous était venu l’espoir d’une relation moins conflictuelle que celle vécue avec votre père. Mais vous vous étiez dit aussi que vous aviez le temps de voir, une bonne quinzaine d’années avant l’adolescence et son lot de crises. On ne vous avait juste pas prévenue que l’adolescence pouvait démarrer vers les 3 ans. A moins que cela n’ait rien à voir avec l’adolescence mais plus avec Œdipe. Mais quoi qu’il en soit, votre relation est en ce moment aussi tendue qu’un string mal ajusté.

Un jour alors que vous étiez enceinte jusqu’à la racine des cheveux, il vous était soudain venu en tête que poussait en vous une mini bite. Non pas que l’idée soit désagréable dans l’absolu, mais forcément dénuée de tout l’aspect érotique de la chose quand il s’agit du membre de votre propre fils. Avec l’idée de ce sexe en jachère dans votre ventre, plein d’interrogations sur votre capacité à savoir gérer et comprendre 1) un être différent de vous et 2) un mec.

Avec le recul, vous avez bien fait de vous interroger mais cela n’a pas été d’une grande utilité. Car globalement, force est de constater que vous n’avez pas toutes les clés. Et pas non plus le capital patience approprié. Merde au politiquement correct du Parti des Mères Parfaites. Votre fils vous gonfle un maximum. Voilà, c’est dit.

Et oui ça vous saoule de devoir prévoir 30 minutes pour qu’il enfile son pantalon et de vous prendre la table parce que vous êtes allée ramper dessous pour l’attraper. Et votre pull Ba&sh en laine et angora qui se prend dans le fauteuil en passant. Et oui ca vous gonfle qu’il vous lèche le visage après avoir mangé du Nutella. Ou du Kiri. Et pourtant vous êtes une fan de l’un et de l’autre. Et oui c’est pénible quand il dit non à tout. Et oui ça vous enrage quand il décide de jouer de l’harmonica à 7h00 un dimanche. Et oui il fait mouche quand il décrète que « non c’est Papa qui m’habille » ou que « non c’est pas toi qui fait l’histoire ». Et oui vous enragez quand 5 minutes avant le rendez-vous avec vos 2 amies d’enfance ultra stylées auquel vous devriez déjà être depuis 1 heure, vous vous retrouvez pleine de merde suite à une lutte féroce pour changer Monsieur Terreur histoire de le laisser dans un état décent pour se coucher. Et que comme vous êtes chez vos beaux-parents vous n’avez rien pour vous changer. Et qu’en dessous de votre pull souillé vous n’avez qu’un haut en dentelle et qu’il fait moins douze. Et que Darling vous propose de vous prêter son jean qui même avec une ceinture ne tient pas. Et que par excès de gentillesse il vous propose les bretelles de son père. Qui de surcroit sont à peu près de la même couleur que la matière qui compose désormais votre pantalon. Et oui, vous trouvez ça ridicule de vous mettre dans tous vos états à cause d’un nain de 3 ans.

Surtout que le nabot en question serait le premier à vous dire qu’il vous aime même avec des bretelles et parfumée au Baume Fécal. Surtout que quand il dort (enfin) il est vraiment mignon. Surtout qu’il est vraiment doué en harmonica et que vous avez un nouveau prétexte pour vous racheter un pull. Et surtout qu’il a peut-être une mini bite mais que ce détail mis à part, il a juste le même caractère pourri que vous. Et qu’en plus, ce serait vraiment discourtois de rompre à la Saint Valentin.

Un baobab

Tuesday 25 December 2007

Pour Noël, vous avez tout simplement reçu un baobab. Si si, un arbre, tout petit pour le moment mais qui va devenir énoooooorme. Il est planté au Niger (et oui vous connaissez la capitale du Niger, merci). C’est un très chouette cadeau parce que vous avez un très chouette Darling. Et peut-être que si Babichou est gentil, vous l’emmenerez avec sa soeur et son bateau de pirates grimper en haut du baobab. Mais c’est mal parti car ce matin il vous a dit en guise de bonjour “dis, Maman, pourquoi t’as les cheveux “rogean”"? Autrement dit, “orange”. Joyeux Noël à tous les baobabs.

Lettre fermée

Wednesday 19 December 2007


Je viens de fêter tes un an. Toi aussi. Tu n’y as rien compris mais tu semblais contente. Comme d’habitude. Ton frère à broyé le cadeau que je t’avais ramené de Prague (où je suis allée pour des travaux pratiques de géographie), mais même ça ça t’a fait rigoler. Et bizarrement toute ta bonne humeur m’a renvoyé à quelque chose de somme toute très peu drôle, à une lettre que je t’ai écrite il y a quelques mois et que, bizarrement encore, je publie ici. Pas par souci d’étalage mais juste parce que c’est un peu comme si, en la postant ici, je te l’envoyais.

“8 mai 2007 – vol Delta Air Line entre New York et Paris

Ma louloute,

Ceci est une confession. Une confession qui me ronge de culpabilité depuis presque 5 mois maintenant. Une confession que je me sens bêtement acculée à faire, alors que l’avion prend son envol et quitte l’aéroport de New York. Bêtement, dis-je parce que, selon le bon mot de tous autour de moi : « il y a moins de chance d’avoir un accident d’avion qu’un accident de voiture » et il n’y a par conséquent pas d’urgence à ce que j’écrive ces mots. Pourtant, il me vient soudain le besoin irrépressible de t’avouer certaines choses de façon à ce qu’elles ne deviennent jamais des secrets. Quelques rudiments de psychanalyse ainsi que 15 ans de lecture de magazines féminins m’ont en effet appris que les « non dits » peuvent générer des névroses. Et comme tu démarres seulement ta vie, j’ai l’envie que tu sois le plus possible en terrain vierge, que ce soit « clean » dirais-tu si tu savais parler et si tu étais une adolescente acnéique et rebelle.

Toute cette parlotte n’aurait pas de bien fondé si j’étais capable de mettre dans tout ça la légèreté nécessaire, si je pouvais envisager les choses avec le même humour que ton père et si je n’avais pas cette capacité innée à culpabiliser pour tout et, bien entendu le plus possible à tort. Bien heureusement, j’ai pu constater déjà que tu ne prenais pas la même pente et que tu étais bien partie pour être une rigolote. C’est bien simple, depuis ta naissance, tu n’as pas cessé de sourire, le plus souvent sans raison, par principe dirait-on. Tu regardes les gens, ton cercle proche tout comme l’inconnu du coin, et tu te fends la poire. Au point que ton survolté de frère constate souvent « bébé, content ». Et c’est vrai. Globalement, tu sembles contente.Tu te réveilles avec le sourire et tu le gardes jusqu’au soir. Et je crois que c’est pour ça, pour tous ces sourires que tu m’as déjà donnés si gratuitement que je ressens le besoin d’écrire ces mots. Pour ça et parce que je t’aime si fort que l’idée d’avoir eut peur que tu viennes me plonge dans le remord autant que l’Erika dans le mazout.

 

Ce jour-là, après avoir attendu les 2 minutes de rigueur pour que le test soit fiable, et quand les 2 barres roses ont montré le bout de leur nez, j’ai eu l’impression de manquer d’air. Mon rythme cardiaque est monté en flèche et j’ai quitté le bureau avec 100 fois plus de rapidité que pour une alerte incendie, qui est par principe un exercice quand j’étais là dans les conditions du réel. Il faisait super beau ce jour là mais je tremblais comme si le phénomène du réchauffement climatique s’était inversé et que Paris avait été parachuté sur Montréal. Nous étions en avril. Ton frère avait tout juste un an. J’avais recommencé à travailler depuis 8 mois à peine et il me semblait juste entrevoir un semblant d’organisation dans ma vie. Tu t’annonçais. Tout à coup j’étais complètement perdue,. Alors j’ai pleuré, là dans la rue, accrochée au téléphone, cherchant à joindre ton père et n’y parvenant pas. J’ai pleuré avec l’idée que je ne te voulais pas. Voilà c’est dit. J’avais besoin de l’avouer, de faire cette confession. J’en avais besoin parce que chaque seconde que je passe en ta compagnie, depuis ton premier souffle et ton premier sourire ne sont que purs moments de bonheur, parce que chaque fois que tu me regardes avec cet air de total abandon, ces yeux qui disent toute la confiance du monde, je me demande comment j’ai pu me planter à ce point dans la façon de vivre la nouvelle de ton arrivée. Et c’est d’autant plus incompréhensible que tu étais désirée, que ta venue n’est pas un accident. Pas vraiment.

Avec 5 mois de retard, de tout là-haut dans le ciel et avec le soutien, j’en suis sure, de l’ensemble du vol Delta Air Line, je voulais te dire pardon pour ce moment d’égarement, de confusion des sentiments, de Beyrouth de l’instinct maternel. Te dire pardon et surtout merci. Merci d’être venue, ma Princesse du Sourire, petite fleur de mes jours. Merci d’être là. Merci d’avance pour ce sourire immense que je sais que tu feras quand, après ces quelques jours de « vacation », je te prendrais dans mes bras. I love you so much, ma fille.”

Le bonheur

Sunday 18 November 2007


Ce genre de truc arrive bizarrement souvent en phase aigüe de ras le bol de tout, bout du rouleau, fond du puits, autrement appelée phase de lamentations mures (à ne pas confondre avec le Mur des …rapport au fait que dans ces moments là, il n’y a de mur que celui que l’on a le sentiment de se prendre incessamment sous peu).

Rapide descriptif du décor: le personnage de la scène en question pourrait sauter à la corde avec ses cernes. Par ailleurs, son coiffeur, ce charmant Simon, s’est laissé entrainer dans un élan créatif douteux et, certainement mu par son amour pour Mylène Farmer, a été particulièrement généreux en colorant roux. Le pantone étrange qui en a résulté a le mérite de faire ressortir l’intensité des cernes. Dans le même temps, Babichou et Louloute se sont relayés pendant 3 nuits de suite pour vous réveiller toutes les 2 heures et vous démontrer ainsi à la fois leur complicité naissante mais aussi leur engagement aux cotés des grévistes, dans une catégorie à eux, celle du sommeil. Pour justifier la loi des séries, les transports en commun se sont arrêtés et vous avez du déménager dans le 6ème arrondissement chez vos beaux parents avec enfants et valises dans la mesure où ni la RATP ni la SNCF n’ont prévu de système de clonage express de nourrice ou de télétransportation et que vous êtes en rade.

Tous les matins vous pédalez donc comme une dératée, en ayant l’air super détendue ce qui est archi faux compte tenu du fait que vous avez évidemment des rendez-vous super importants pile ces matins là, des rendez-vous banderolés “warning, warning, impact éventuel sur l’avenir” et que vous êtes en train de suer comme une truie dans la robe noire achetée pour l’occasion (mais que vous mettez depuis 2 jours puisque vous êtes en camping chez Belle Maman), que vous pédalez les jambes écartées en angle droit par rapport à la selle afin de ne pas filer vos collants ( collants mega fins que vous avez du emprunter à Belle Maman puisque dans l’agitation vous n’avez embarqué de chez vous que les collants de Louloute, taille 18 mois), que vous venez de penser que vous n’avez pas de déo sur vous et que vous êtes obsédée à l’idée que la sueur pourrait entrainer une dilution de l’œuvre de Simon avec pour effet des sillons oranges qui iraient jusque dans votre cou. Ah et pour finir le tableau avec précision, les collants de Belle Maman sont en taille 4 et vous font comme une seconde peau un peu vieille à la manière des serpents qui muent. Vous vous sentez belle, non vraiment.

Darling est dans le même état que vous (couleur ratée en moins), super détendu, à l’aise blaise. Histoire de prendre un peu l’air et pour fêter le fait que votre rendez-vous du jour s’est plutôt bien passé et que vos interlocuteurs n’ont pas eu l’air choqués ni par votre air anémique ni par votre forte odeur corporelle de pédalage intensif, vous décidez d’aller diner en tête à tête. Vous êtes l’un et l’autre tellement épuisés que vous ne prenez qu’une entrée. Vous passez le repas à vous demandez si les asiatiques ressentent au quotidien le même désagrément que vous à cet instant, celui de voir Darling en forme croissant tellement vous ne parvenez pas à ouvrir vos yeux plus que sur une fente. Histoire de dire un truc, vous en venez à parler week-end ailleurs. Prague vient sur le tapis mais vous êtes tellement fatiguée qu’il vous est impossible de vous souvenir dans quel pays se trouve cette ville. Vous êtes mortifiée. Darling vous regarde d’un air affligé. Vous vous sentez cultivée, non vraiment.

Bref, vous êtes dans une forme olympiquement merdique. Rien de grave mais tout vous gonfle, jusqu’à Louloute qui a fait sa Judas en faisant ses premiers pas sous le regard de sa grand-mère plutôt que de vous. Et sans compter que vous avez cru bon d’innover, au restaurant, dans votre choix d’entrée et que vous avez bizarrement pris des os à moelle au gros sel, un truc que vous avez toujours détesté. Sauf que ca vous est sorti de tête en même temps que la Tchécoslovaquie/république tchèque.

Mais voilà, vous rentrez chez Belle Maman, regardez Louloute qui dort comme une Princesse (mais comment peut-on être aussi jolie et sentir aussi bon) et vous rendez à pas de souris dans la chambre de Babichou. Vous lui faites un bisou tout doux et là, se réveillant le temps d’une seconde, il vous murmure: “Maman, je t’aime fort fort”. Vous sortez alors du puits, du rouleau et du ras le bol à la vitesse d’un missile. Tout à coup, l’os à moelle est oublié, votre amnésie aussi, vos rendez-vous itou, la grève idem, vous avez envie de faire le tour de Paris en vélo quitte à suer comme 10 truies pour hurler à toute la ville, grévistes compris, un seul mot : bonheur.

La boîte

Wednesday 3 October 2007

Vous saviez le moment inéluctable. Vous l’avez repoussé tant et tant. Vous vous êtes mis la tête sous l’aisselle aussi longtemps que vous permettait votre pénurie de déo, vous avez essayé de ne pas y penser. Et pourtant, ce week-end, vous vous êtes retrouvée au pied du mur, obligée de confronter le moment en question: le moment de la boîte. De la first boite.

Darling, qui pourrait se prévaloir d’un BEP en psychologie féminine assure que la boîte est dans la femme. Ou presque mais que globalement la gente féminine est plutot fan de boites. Lesquelles évidemment, toujours selon Darling, ne servent à rien la plupart du temps. Pas les femmes, les boîtes.

Quoiqu’il en soit, vous avez déballé votre paquet Ikéa de 2 boites framboise en peau de pêche et entamé la phase de montage, le coeur dans la gorge. En vous disant “ca y est, on y est“. Tout en analysant cette pensée profonde et preuve d’une activité intellectuelle poussée, vous vous êtes mise à ranger consciencieusement la pile de linge devant vous dans la fameuse boite, laquelle - messieurs qui n’y panez rien en boîte sachez le - sert donc à ranger.

Le 1 mois, dans la boîte, le 3 mois, dans la boîte, le 6 mois …dans la boîte. Et voilà comment en un tour de main, on range les premiers mois d’une toute petite existence. Celle de Louloute qui vient d’avoir 9 mois. Et là, assise en position du Lotus inversé (un nouveau concept maison, spécial “Je veux avoir de l’arthrite à 35 ans”) sur le tapis de la chambre des enfants recouvert de “pâte à voler” (la définition poétique de Babichou pour pâte à modeler), entre un avion émettant un bruit stridant qui vous fait penser à un crash imminent, un chien en peluche orange ridicule, un piano miniature et un lapin fluo, vous constatez que Louloute a passé autant de temps dans vous que en dehors de vous. 9 mois dedans, 9 mois dehors. Et plein de vêtements roses dans la boîte.

C’est le début de l’indépendance, la crise d’ado n’est pas loin, l’acné non plus si ça se trouve. Bientôt Louloute voudra sortir et pourquoi pas en boîte. Et pourtant, vous ne pouvez tergiverser plus longtemps. C’est le moment, la boîte est pleine. Ni vu ni connu, sans avoir l’air de rien - car Louloute vous regarde et que ce n’est pas le moment de flancher - vous refermez le couvercle. Pas le moment de flancher, juste le moment de la boîte. Mais comme vous êtes une maligne et que certaines choses sont bonnes à faire traîner, vous ne la rangez pas, la boîte. Elle reste sur le tapis, accessible, juste pour que Louloute puisse la rouvrir à loisir.

Belonging to LadiesRoom

Sunday 23 September 2007

Aujourd’hui se lance LadiesRoom, le premier magazine à lire et à écrire. Un réseau social féminin où tout(e) le monde peut prendre l’ascenceur social à un moment ou à un autre, entendez par là, se retrouver en home et donc bénéficier d’une visibilité de choix, aussi grande qu’un graphiti écrit en rouge au centre d’une porte de chiottes, c’est dire.

Les gogues en question sont (pour l’instant) réservés à la gente féminine, l’architecte des lieux a bien bossé, la déco est plutot très très chouette, et la population de l’endroit, aussi loufoque que drole, cultivée et select ne se retrouve pas là pour vaquer aux commissions de rigueur dans des latrines, prendre de la coke ou faire une passe mais pour écrire, se faire des amies et bichonner son avatar.

Bref, Fragola est fière d’appartenir à ses toilettes là. Pour en savoir plus sur ces lieux d’aise: ici.
Une petite pensée particulière pour Anne H.: bravo et désolée de ne tenir ni les délais ni les engagements

Une petite dédicace particulière à Darling: you’re the best. 

Avant-après

Tuesday 14 August 2007

Pour les matins où vous déprimez devant votre miroir parce que la nuit à été courte rapport à Louloute qui a fait des siennes, reprenez espoir devant ce site d’avant-après, dont voici un exemple frappant:

Comme quoi tout est possible…:-)

Ma Copine

Sunday 5 August 2007

Comme vous avez du temps entre 2 enfants, 1 mari et une boîte à gérer, vous avez décidé de vous lancer dans un nouveau projet: le blog de Ma Copine.

Rien ne sert de blablater il suffit d’aller voir : www.leblogdemacopine.com

Pour l’instant c’est un peu secos question look and feel mais le design arrive dans le courant du mois.

La Roccosiffrédite

Sunday 29 July 2007

Le matin de votre départ de la maternité, alors même que Babichou ouvrait les yeux sur son cinquième jour, votre Doc Gyneco à vous était venu vous voir tout sourire avec une prescription de pillule. Un peu intimidée, comme toutes les jeunes mamans un jour de sortie de clinique, vous aviez gardé pour vous votre pensée de cette seconde là: la contraception n’est pas vraiment la priorité du jour rapport au fait que mon corps hésite entre la sensation d’avoir été traversé par la Grosse Berta des années 2000 ou piétiné par un Mamouth piqué par une abeille. Eh oui, la jeune accouchée n’est pas instantanément avide de galipettes mais devant le sourire en coin du Doc et l’air entendu de Darling vous aviez accepté la prescription. Et mis l’ordonnance dans le fond du sac à langer, tout en sentant une certaine pression peser sur vous, la pression qui dit que l’un des challenges de la jeune mère pour préserver à la fois son plaisir et sa tranquilité est la gestion de l’ego masculin.

Histoire de vous changer les idées et pour meubler les 14 secondes que vous avez pour vous par jour, vous achetez Parents. Une lecture normalement neutre et à peu près aussi challenging intellectuellement parlant qu’un dialogue entre une éponge et une anémone. Ce mois-ci, un supplément, intitulé ” Tout sur la sexualité, pendant la grossesse et après“. En parcourant rapidement les pages de ce monument de littérature aux considérations des plus poétiques (”j’ai retrouvé le désir mais je souffre de sécheresse vaginale“), il vous apparait qu’un élément important de la sexualité de la jeune mère a été oublié par la rédaction: la prétention masculine.

La prétention masculine est LE paramètre à prendre en considération pour vivre au mieux et avec humour les changements de votre corps pendant cette période et les rapports avec votre moitié. L’expression de ce paramètre est la propension remarquée de la plupart des hommes à se prendre pour Rocco Siffredi et à nourrir l’espoir secret que leur compagne s’en est rendue compte. Certes, vous aviez déjà entendu parler des coups d’oeil en douce que se portent nos congénères maculins dans les douches du Gymnase Club, le décimètre incorporé à la pupille histoire de comparer à la vitesse de l’éclair des membres pourtant en position fil de pêche rapport à la température de l’eau. Et pourtant, vous n’aviez jamais réalisé à quel point la Roccosiffrédite était une caractéristique de la phsychologie masculine.

Jusqu’à ce que Darling s’inquiète de faire mal au bébé lors d’un calin coquin. Ou plus tard, dans le même genre, se demande si il ne risquait pas d’être piqué au vif par votre stérilet, transformé en harpon vengeur. Et c’est là, dans ce genre de situation, que vos études en sciences politiques se révèlent les plus utiles: comment rassurer sans pour autant minimiser l’objet de l’inquiétude? Vous ne pouvez évidemment pas dire “mais non chéri, c’est impossible que tu arrives jusque là!” au risque d’être taxée de “castratrisme”. A contrario, si pour le flatter vous assurez “c’est vrai, tu as le bras tellement long!, vous risquez de l’encourager dans sa mégalomanie. A moins que parce que vous avez envie d’être tranquille ce soir là vous ne lui disiez “c’est un risque effectivement, j’ai lu dans un magazine, l’histoire d’un homme qui avait dù être amputé“.

Pas de doute, c’est un vrai dilemme trop peu abordé par la presse féminine. Vous allez de ce pas écrire à Parents.